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Crédit immobilier : les femmes empruntent en moyenne 6 % de plus que les hommes


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Jeudi 5 Mars 2026

Alors que le crédit immobilier reste un vecteur essentiel de réalisation de projets au Maroc, une analyse fondée sur plus d’un million de simulations met en lumière un paradoxe sociétal : les femmes empruntent plus que les hommes, mettant en exergue l’évolution des profils d’emprunteurs. À travers des données récentes et vérifiées, portrait d’un marché en mouvement.



Dans un paysage économique marocain en pleine mutation, le crédit immobilier demeure l’un des leviers majeurs pour accéder à la propriété, souvent perçue comme un signe de stabilité sociale et financière. Une étude approfondie réalisée par Afdal, à partir de 1,2 million de simulations de prêts immobiliers, apporte un éclairage inédit sur les comportements des emprunteurs marocains.
 

Un des enseignements les plus marquants de cette analyse est qu’en moyenne, les femmes empruntent 6 % de plus que les hommes pour financer un bien immobilier. Autrement dit, lorsqu’on compare les montants demandés, les emprunteuses affichent des montants supérieurs de plus de 40 000 dirhams par rapport à leurs homologues masculins. Cela s’explique principalement par le fait que, parmi les personnes qui simulent un crédit, les femmes présentent des salaires moyens légèrement plus élevés que ceux des hommes au moins dans cet échantillon.
 

Ce constat tranche avec certaines perceptions traditionnelles sur l’accès au crédit. Il reflète plutôt une réalité économique : les femmes jouent un rôle de plus en plus significatif dans la structuration des projets immobiliers, soutenues par une insertion professionnelle croissante dans des secteurs mieux rémunérés.
 

L’étude d’Afdal montre également que la tranche d’âge des 30‑39 ans domine largement les demandes de crédit, représentant 47,3 % des simulations. Cette catégorie, souvent en pleine consolidation de carrière, confirme son rôle de pilier du marché de la première accession. Les jeunes générations ne sont pas en reste : les 20‑29 ans constituent désormais 22 % des emprunteurs, ce qui traduit une aspiration tangible des jeunes Marocains à devenir propriétaires.
 

Les différences se creusent aussi selon les secteurs d’activité. Dans le secteur privé, le crédit immobilier moyen s’élève à 880 000 dirhams, contre 668 000 dirhams pour le secteur public. Ce fossé s’explique par des niveaux de revenus et des stratégies d’investissement différents entre ces deux segments.
 

Parmi les profils professionnels, les commerçants se distinguent avec un montant moyen de crédit atteignant 3,1 millions de dirhams  le plus élevé observé. Toutefois, ce positionnement s’accompagne aussi d’un taux d’endettement de 37,8 %, un niveau que les banques considèrent à la limite de ce qui est soutenable. Cela illustre comment l’accès à des montants plus importants va souvent de pair avec une exposition accrue au risque financier.
 

Les auto‑entrepreneurs tirent également leur épingle du jeu, avec un crédit moyen de 1,07 million de dirhams. Ce profil témoigne de l’essor progressif de nouvelles formes d’activité économique et de leur intégration croissante dans le tissu de la demande de crédit immobilier.
 

Sur la durée des prêts, les comportements restent relativement stables : 72,3 % des emprunteurs optent pour un remboursement sur 25 ans, une période généralement perçue comme la plus équilibrée entre mensualités supportables et durée globale du crédit. À l’opposé, les retraités choisissent des durées beaucoup plus courtes, d’environ 10,8 ans en moyenne, ce qui s’inscrit dans une logique de moindre exposition au long terme.
 

Un autre point notable concerne le coût effectif du crédit immobilier, qui s’est replié à 5,5 % à fin février 2026, retrouvant un niveau observé en 2023. Cette baisse de 17 points de base par rapport à l’an dernier est significative dans un contexte où les taux d’intérêt jouaient un rôle central dans les décisions d’achat. Une détente, même modérée, peut encourager certains ménages à concrétiser un projet qu’ils reportaient, faute de conditions favorables auparavant.
 

En définitive, ces données ne parlent pas seulement de chiffres : elles racontent l’histoire d’un marché en pleine redéfinition, avec des femmes de plus en plus actives et ambitieuses dans leurs projets immobiliers, des jeunes qui se projettent tôt dans l’avenir, et une dynamique économique qui évolue avec les réalités sociales. Dans un Maroc où la propriété reste un symbole fort de réussite, chaque emprunt surtout lorsqu’il défie les stéréotypes est un pas vers une économie plus inclusive et plus équilibrée.






Jeudi 5 Mars 2026

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